Les auxiliaires de jardin (partie 2)

 

     Un billet qui fait suite au dernier article: les auxiliaires de jardin.

L’introduction étant faîte précédemment, on peut de suite passer au vif du sujet: la présentation d’espèces!

 

     –Les araignées

epeire diademe tenant sa toile

Présentes sur le sol, sous les feuilles, sur une toile, elles sont partout! Bien que leur aspect puisse effrayer, dans nos contrées elles sont pour la grande majorité inoffensives pour l’homme. Craintives, elles cherchent plutôt à se cacher et bien souvent les chélicères (leur « crocs ») sont incapables de percer notre peau!

Elles se nourrissent de…hum, un peu tout! Mouches, moustiques, papillons, autres araignées, criquets, etc…. Elles peuvent chasser à l’affût sur une toile (comme les épeires), à l’affût sur une fleur (comme ci-dessous avec la thomise variable), à l’affût en projetant un filet de soie (les Scythodes), en traquant leur proie (comme les saltiques), etc…

thomis variable en affût

Pour les attirer, il n’y a pas besoin de grand chose puisqu’elles sont présentes partout! Les épéires dans les haies, les tégénaires dans les maisons ou les tas de bois, les thomises sur les fleurs, les pisaures et lycoses sur le sol, en bref elles peuvent profiter du moindre recoin!
Vous pouvez en savoir plus sur ces petites créatures en suivant ce lien: Aranéides (Araignées)

 

 

     –Les serpents

couleuvre à collier tirant la langue

Encore un animal mal-aimé! Et pourtant! Magnifiques, discrets, élégants les serpents ont tout pour plaire! Regardez moi l’air coquin et le large « sourire » de cette belle couleuvre à collier, il y a de quoi fondre! J’admets être un peu « mordu » de ces Reptiles… En métropole seules les vipères peuvent être dangereuses, mais il s’agit d’animaux très timides qui auront tendance à fuir à votre approche, tant que l’on n’essaye pas de les attraper il n’y a pas de risque.

Vipere peliade en mue
Ils se délectent de rongeurs, de lézards, mais également de criquets à l’occasion. Pour leur faire une place un tas de pierre exposé au soleil, ou un tas de bois, peut leur offrir cachette et zone de bronzage. On peut également faire une sorte de muret avec des crevasses (ce qui plaît également aux lézards), le tout est qu’ils puissent passer de l’ombre au soleil facilement.

Les serpents, comme tous les Reptiles et Amphibiens de France, sont protégés, donc pas de prélèvements!

 

 

     –Le frelon

frelon machant du bois

On continue avec les animaux que l’on a tendance à craindre! Les frelons ont tendance à nous faire paniquer à cause de leurs morsures ou piqûres, mais en restant calme et en les respectant, il n’y a aucune crainte à avoir. Ici on peut le voir mâcher du bois, qui sert à la confection du nid.
Les adultes se nourrissent principalement de fruits mûrs (on en voit souvent sur les pommes laissées à terre), mais ce qui est intéressant c’est qu’elles chassent pour nourrir le couvain: chenille, criquet, araignées, etc… jusqu’à 500 grammes par jour! Les frelons occidentaux (cela ne vaut pas pour les asiatiques) sont bénéfiques aux abeilles domestiques puisqu’ils traquent également la fausse teigne de la cire (Galleria mellonella) qui s’attaque à la cire et occasionne donc des dégâts aux ruches et à la pyrale du buis. On sait également depuis peu (2013) que leur estomac contient un champignon que l’on apprécie beaucoup: Saccharomyces cerevisiae! Une levure que l’on utilise pour la fermentation (vin, bière, pain, etc…) et qui est disséminé par ces grosses guêpes lorsqu’elles se promènent sur le raisin! Un autre point notable est qu’ils sont en compétition avec le frelon asiatique et limitent leur expansion, on voit donc qu’il n’y a que des avantages à avoir une colonie de frelon (européen) proche de chez soi!

Pour les attirer l’idéal est d’avoir un vieil arbre avec des creux, les frelons colmatent l’ouverture afin d’en faire un nid provisoire. On peut également fabriquer des nichoirs à frelons. Si nos cousins germaniques protègent et favorisent cette espèce, c’est qu’il y a une bonne raison!

 

 

     –La coccinelle

coccinelle à sept point

Comment parler des auxiliaires sans évoquer la coccinelle? La bête à bon Dieu…mais pas pour les pucerons! Cet insecte en dévore énormément, que ce soit adulte ou sous forme de larve! Comme les fourmis installent elles-mêmes des colonies de pucerons afin de récolter le miellat (l’élevage n’est pas l’apanage des humains!), il est fréquent de voir les gardiennes se jeter sur les coccinelles. Mais celles-ci sont volumineuses et ont une épaisse armure, donc peuvent s’adonner à leur repas pendant que les fourmis essayent désespérément de la faire tomber (parfois cela fonctionne, mais le Coléoptère n’a plus qu’à remonter).
Cet insecte est utilisé en lutte biologique, on peut donc trouver des boîtes d’œufs à répandre. Globalement elles ont besoin d’un lieu pour passer l’hiver (sous l’écorce, un tas de feuilles, mais aussi dans les recoins d’une maison), mais aussi de nourriture. Si il n’y a pas de pucerons, il n’y a pas de coccinelles! Ainsi, encore une fois, le but n’est pas d’éradiquer les pucerons, simplement de les limiter ou de les attirer sur certaines plantes (les cirses et les capucines, par exemple, sont des aimants à pucerons!), ce qui conviendra aux fourmis (qui aèrent le sol, limitent les ravageurs, plantes des graines, etc…), aux coccinelles, aux chrysopes et j’en passe! Donc un « nuisible » ne l’est pas pour tout le monde!

 

 

     –Les papillons

Belle dame sur rocher

Qu’est-ce qu’un printemps sans papillons? Leur vol singulier, leurs couleurs éclatantes, leur délicatesse! Alors certes la piéride du choux peut être considéré comme nuisible sous forme de chenille, mais mieux vaut quelques choux attaqués plutôt qu’un ciel vidé de ses Lépidoptères (de « lépido » signifiant écaille et « ptère » signifiant aile, donc des ailes écailleuses)! On en revient à la définition très subjective de ce qu’est un « nuisible »!

Les papillons sont des butineurs et « papillonnent » de fleurs en fleurs, participant donc à la pollinisation. Ils se nourrissent de nectar grâce à leur trompe et peuvent accéder à la précieuse ressource même sur des fleurs à long tube, que les abeilles ne peuvent atteindre. Cependant les papillons ne sont pas aussi velus que les abeilles et récoltent moins de pollen à leur passage, mais l’efficacité de ce type de pollinisation est assez mal connu.

Pour les attirer il faut déjà connaître leur plante hôte, en effet chaque espèce cherchera à pondre sur la plante que les chenilles consomment. Par exemple la chenille du paon de jour (sur la bannière) se nourrit d’ortie, celle du machaon préfère les angéliques ou le fenouil et la piéride du choux aime…le choux! Les ronces sont des plantes appréciées de nombreux papillons et certaines espèces ont des goûts moins spécifiques. Il faut bien sûr des fleurs pour que les adultes puissent se nourrir, mais également des cachettes pour la nuit (et inversement pour les papillons nocturnes) ou pour passer l’hiver. Un tas de bois (encore et toujours!) permet en plus de prendre le soleil, le lierre fournit des entrelacement assez apprécié également.

tryptique de différents stade d'une zygène

     Ceci clôt cette deuxième partie sur les auxiliaires! Un très vaste sujet où l’on se rend compte que la moindre espèce a une action bénéfique, ce qui montre l’importance de la biodiversité! Les xylophages mangent le bois, ce qui peut être dérangeant pour les arbres, mais décomposent le bois, ce qui est intéressant pour le sol, et un arbre qui tombe laisse un trou de lumière favorable à d’autres jeunes pousses qui combleront vite l’espace, parmi d’innombrables autres interactions!

 

 

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